Quand Barry Jenkins adapte un roman de James Baldwin

Catégorie Popcorn | Le film de la semaine / Publié le 21 Février 2019

Lors d’une visite en Europe, en 2013 - en pleine écriture de ‘Moonlight’, qui triomphera aux Oscars : meilleur film et meilleur scénario 2017, le réalisateur américain, Barry Jenkins, décide d’adapter un roman de James Baldwin. Activiste et auteur afro-américain proéminent des années 40 à 80, Baldwin traitait dans ses écrits de la complexité des différences raciales, sexuelles et hiérarchiques de la société occidentale. ‘If Beale Street Could Talk’, cinquième roman de Baldwin, est la première œuvre de l’auteur à être adaptée au cinéma. Le film s’ouvre avec cette phrase du romancier : ‘’Every black person in America was born on Beale Street…’’, faisant référence à cette rue de Memphis où est né le Blues. Barry Jenkins signe avec ’If Beale Street Could Talk’ son troisième long métrage. Un duo, forcément très attendu. 

‘If Beale Street Could Talk’ raconte l’histoire d’amour entre Tish (KiKi Layne, ‘Veracity’) et Fonny (Stephane James, ‘Selma’) dans les années 70 à Harlem. Alors qu’ils viennent tout juste d’emménager ensemble, Fonny se fait accuser à tort, d’avoir abusé de Victoria Rogers (Emily Rios, ‘Snowfall’). Les familles de Tish et Fonny vont se battre ensemble pour prouver l’innocence du jeune homme, face à un système juridique profondément raciste. 

Film très attendu après le succès de ‘Moonlight’, ‘If Beale Street Could Talk’ est sorti le 25 décembre au Etats-Unis, et ne sortira surement jamais à Maurice. L’adaptation de ’If Beale Street Could Talk’, roman acclamé, était délicate mais Barry Jenkins réussit habillement à se l’approprier. On retrouve la signature du réalisateur de 39 ans dans cette production : Puissance narrative, magnifique photographie à l’image de ‘Moonlight’, et casting méconnu mais brillant. Son parti-pris de se concentrer davantage sur les visages et les corps que sur les mots de ses personnages est original mais particulièrement efficace. Mais à trop forcer sur l’émotion et quelques grosses ficelles scénaristiques, Barry Jenkins amoindri la dimension politique du roman de Baldwin.

 ‘If Beale Street Could Talk’, nommé dans trois (petites) catégories aux prochains Oscars, reste un film que nous vous conseillons vivement. 


If Beale Street Could Talk – 75%
De Barry Jenkins
Avec Kiki Layne, Stephan James, Regina King
Genre: Drame
Durée: 1h59
Visa: No
Synopsis: Harlem, dans les années 70. Tish et Fonny s'aiment depuis toujours et envisagent de se marier. Alors qu'ils s'apprêtent à avoir un enfant, le jeune homme, victime d'une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Avec l'aide de sa famille, Tish s'engage dans un combat acharné pour prouver l'innocence de Fonny et le faire libérer.

Aniouta COTEGAH - Juste la fin du monde
Jeune, libre et impertinente, avec Aniouta Cotegah le futur c'est maintenant. La nouvelle vague? Sa passion. Son idole? Xavier Dolan, forcément.

Autres articles Popcorn et Le film de la semaine

commentez cet article

Actuellement

DREAMERS X

Film of the week

80%

Nos critiques

80%
de Josh Cooley
80%
Dexter Fletcher
73%
de Quentin Dupieux
68%
de Guy Ritchie
72%
de Michael Dougherty
Dans les salles

Top de la semaine

Top du mois

5044 vues
Le nouveau clip très ‘hot’ de Saodaj’
1982 vues
Le nouveau single d’Oeson, made with love
1739 vues
Linley Morvan dévoile un magnifique premier clip, ‘Sleepless Nights’
1609 vues
Morigan, du sang neuf sur la scène rock mauricienne!
1453 vues
L'Atelier Mo'Zar au Brésil: de l'amour et de la (...)
1434 vues
Rain et Jason Lily, ou la naissance du ‘Kreol (...)
1422 vues
Paris to Moris, la collab express entre Natty Gong (...)
1269 vues
Cool comme Raoul Rampare
1221 vues
Sheryl Smith, pour l’amour du théâtre
1144 vues
Quand la fête de la musique se fête enfin (...)

Top 2019

1
5044 vues
Le nouveau clip très ‘hot’ de Saodaj’
2
4879 vues
‘Serenity’: Mélodrame sous les tropiques
3
3824 vues
‘Serenity’, magnifique flop